Le haut débit en France a connu un essor incroyable ces dernières années, notamment avec l’arrivée de Free dans ce marché qui a su révolutionner et changer le paysage de l’ADSL français. Cette dynamique a permis à la France de devenir un des leaders mondiaux de l’Internet haut débit.

Cependant, l’Internet français pourrait bien, malgré cette situation enviable, représenter un marché difficile pour les « Box TV » et autres TV connectées et ceci pour plusieurs raisons.

Freebox, Neufbox, Live box, Alice box : la guerre des box

Free, pour changer, a introduit en 2002 sa « freebox », d’abord en une seule boîte, grosse et peu esthétique qui faisait office de modem et aussi de box TV, à l’époque elle ne disposait que d’une prise péritel, c’est peu après que la box commença à prendre une forme beaucoup plus proche de ce qu’on peut voir de l’Apple TV aujourd’hui. Alors quelle différence entre une Box TV et une Box TV ADSL ? La réponse : très peu.

Elles disposent d’un espace de stockage, d’une connexion HDMI, gèrent le son multicanal (Dolby), sont capables de lire des contenus externes et via des offres de VOD, permettent d’enregistrer vos émissions favorites et pour certaines le font même à distance, disposent du contrôle du direct et j’en passe. Leur seul point faible serait une interface archaïque, et du matériel qui commence à dater, conséquence d’un parc qu’il faut constamment renouveler.

Vers une pénurie de bande passante ?

L’adoption d’Hadopi a eu pour effet curieux, non pas de diminuer le téléchargement illégal mais plutôt de pousser les gens à utiliser d’autres offres, même payantes, afin de pouvoir accéder à leur contenu. La conséquence de ce changement vers des services centralisés (en lieu et place d’un peer to peer avec des utilisateurs situés dans un même réseau), a eu pour effet de multiplier les accès à des services distants, comme les sites de streaming Mégavideo ou Youtube. Récemment, free semblait limiter la bande passante allouée à de tels services et a finalement communiqué pour nous informer que certains liens de peering (points d’interconnexion entre plusieurs FAI) commençaient à être saturés par ce changement des usages et a aussi fait part dans sa déclaration concernant la neutralité du net que ces changements auraient un coût qu’il sera bon de redistribuer non seulement sur les opérateurs (et donc les abonnés) mais sur toute la chaine de valeur (du producteur de contenu à l’utilisateur final).

De plus la Fracture numérique, existe toujours, bien que les zones à forte densité bénéficient de connexions ADSL haut débit, les zones plus éloignées, elles, sont toujours dans une zone de non droit de l’internet, même si l’on entend parler de Wimax et d’autres technologies pour voler aux secours de ces populations, une proportion assez importante de français peine à dépasser le 1 Mbps.

Et le contenu ?

En terme de contenu gratuit, les box TV adsl ont une sacrée longueur d’avance sur les box connectées et pour une simple raison : elles diffusent toutes les chaines de la TNT et certaines chaines jusqu’alors réservées au câble ou au satellite. La plupart sont équipées de disque dur et savent lire les formats les plus connus (avec quelques difficultés cela dit pour des formats « exotiques ») que l’on peut leur soumettre via le réseau domestique (FTP, uPNP) ou bien encore via un périphérique de stockage USB.

En terme de contenu payant, la position des opérateurs est enviable, ils diffusent les principales chaines locales et sont du coup en mesure de proposer des offres de catchup TV de quasiment toutes les chaines, mais proposent aussi leurs offres de VOD. Bien que le catalogue soit assez dispersé entre les différentes chaines, il est souvent possible de trouver le film recherché.

Alors, qui va finalement sauter le pas et acheter une TV ou Box connectée ?


Merci à Alexandre Archambault pour son coup de main !