Bien qu’encore confidentielle, la TV connectée est le fruit de bien des fantasmes, Frédéric Mitterrand y voit notamment un probable accélérateur de téléchargements pirates, dès lors, il se pourrait bien que la réglementation qui nous fait attendre plusieurs mois avant de pouvoir voir des films évolue.

Retour en mai dernier, le ministère de la Culture commande un rapport sur la TV connectée, ce rapport doit être remis dans les prochains jours par le président de Lagardère, le président de Vidéo Futur, le DG de Dailymotion, ainsi que le représentant du comité exécutif de SFR. Bien que l’initiative soit à saluer on peut déplorer que les personnes contactées soient toujours issues de grand groupes…

L’AFP qui a pu avoir accès au document révèle qu’il préconise de revoir la réglementation pour réviser « les règles de programmation et de diffusion d’œuvres sur la télévision ». Comme vous le savez peut-être, un film qui sort aujourd’hui au cinéma doit attendre 4 mois minimum pour pouvoir sortir en DVD, 10 mois pour pouvoir être diffusé sur Canal +, 22 mois pour être diffusé sur une des chaines qui a participé à son financement, 30 mois pour pouvoir être diffusé sur les autres chaines… et enfin 36 mois pour pouvoir être diffusé via la VOD !

Les auteurs du rapport estiment donc que pour soutenir la création française dans le contexte international, et pour cela, estiment que les diffuseurs doivent pouvoir exploiter les oeuvres sur tous les supports y compris internet, le délai après la diffusion en salles s’en trouverait donc grandement réduit.

Cependant, une révision de la chronologie des médias forcera également les acteurs internet à contribuer au financement des productions en s’acquittant de la taxe Cosip qui revient au centre national du cinéma, on parle également d’une TVA compétitive pour les ventes de contenus en ligne…

Ou comment faire deux pas en avant et trois en arrière… Sous ces airs de libéralisation du marché de la VOD, le financement des œuvres constituera une barrière de plus à l’entrée d’acteurs alternatifs. On voit mal un Netflix devoir s’investir dans les productions française pour pouvoir proposer un catalogue récent. Au final, même si les conclusions du rapport sont encourageantes, les taxes et financements envisagés constitueraient un avantage de plus aux groupes dont proviennent les auteurs du rapport…

Source : Maxisciences.com